Une boisson d’effort maison, c’est simplement de l’eau, du sucre et une pincée mesurée de sel : 1 litre d’eau, 60 g de sucre et 1,5 g de sel donnent une boisson qui apporte 60 g de glucides et environ 590 mg de sodium, dans les critères retenus par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour une boisson de l’effort. Elle devient utile au-delà d’une heure d’effort, ou plus tôt par forte chaleur. Pour une séance plus courte, de l’eau suffit.
Ce qui fait une bonne boisson d’effort, ce n’est pas l’emballage mais trois paramètres : la quantité de glucides, la quantité de sodium et la concentration globale du mélange. Voici quand la boire, comment choisir entre boisson isotonique maison et version hypotonique, et quatre recettes dont nous avons calculé chaque dosage.
- 60 g/L
- de sucre : la concentration de base d'une boisson d'effort maison
- 1,5 g
- de sel par litre, soit environ 590 mg de sodium
- 30 à 60 g/h
- de glucides entre 1 h et 2 h 30 d'effort, boisson et aliments compris
- 200 à 330
- mOsm/kg : la plage de concentration retenue par l'EFSA
Boisson d’effort : quand est-elle vraiment utile ?
Une boisson d’effort remplit trois rôles : remplacer l’eau perdue par la sueur, apporter du glucose aux muscles quand les réserves de glycogène (le stock de glucose des muscles et du foie) s’épuisent, et compenser une partie du sodium perdu. Pour une séance courte, aucun de ces besoins n’est pressant.
| Situation | Ce qu’il faut boire |
|---|---|
| Moins d’une heure, intensité modérée, climat tempéré | De l’eau, selon votre soif |
| 45 à 75 min très intenses (fractionné, match, compétition) | De l’eau ; quelques gorgées de boisson sucrée peuvent aider |
| 1 h à 2 h 30 | Boisson maison à 40 à 60 g/L, pour 30 à 60 g de glucides par heure avec les aliments |
| Plus de 2 h 30 | Boisson jusqu’à 80 g/L et aliments solides, jusqu’à 90 g de glucides par heure |
| Forte chaleur ou forte transpiration | Boisson moins sucrée mais bien salée, bue en plus grande quantité |
Ces repères reprennent ceux de la position conjointe de l’American College of Sports Medicine (2016) et des revues sur les glucides à l’effort. Pour les efforts intenses d’environ une heure, même de petites quantités de sucre, voire un simple rinçage de bouche, améliorent la performance par un effet sur le cerveau. Pour l’hydratation en général, consultez notre guide hydratation et sport.
Ce que dit la science
Niveau de preuve élevé
Pour les efforts de plus d’une heure, consommer 30 à 60 g de glucides par heure améliore la performance d’endurance, et jusqu’à 90 g au-delà de 2 h 30 avec un mélange de sucres : c’est l’un des résultats les plus solides de la nutrition sportive. En 2011, l’EFSA a validé que des boissons glucidiques et salées de composition définie aident à maintenir la performance lors des efforts prolongés et améliorent l’absorption de l’eau pendant l’effort.
Isotonique, hypotonique, hypertonique : quelles différences ?
Ces termes décrivent la concentration de la boisson en particules dissoutes (sucres, sel), mesurée par l’osmolalité en mOsm/kg, comparée à celle du sang, qui tourne autour de 290 mOsm/kg.
- Hypotonique : moins concentrée que le sang. L’eau quitte vite l’intestin ; c’est le choix des fortes chaleurs, quand la priorité est l’hydratation.
- Isotonique : à peu près aussi concentrée que le sang. Bon compromis entre apport d’eau et de glucides.
- Hypertonique : plus concentrée que le sang, comme les jus de fruits purs et les sodas. Elle attire de l’eau vers l’intestin et se digère moins bien à l’effort. Une étude de 2024 a mesuré le jus d’orange à 686 mOsm/kg et le jus de pomme à 749 : plus de deux fois la concentration du sang.
L’EFSA encadre les boissons de l’effort qui revendiquent ces bénéfices : 80 à 350 kcal de glucides par litre (soit environ 20 à 87 g), au moins 75 % de l’énergie venant de glucides à réponse glycémique élevée (glucose, saccharose, polymères de glucose), 460 à 1 150 mg de sodium par litre et une osmolalité de 200 à 330 mOsm/kg. Nos recettes 1 et 4, à base de sucre de table, respectent l’ensemble de ces critères. Les recettes au miel ou au jus entrent dans les fourchettes de glucides, de sodium et de concentration, mais contiennent un peu plus de fructose libre que ne le prévoit le critère des 75 % : sans conséquence à ces doses, car le fructose associé au glucose est bien utilisé à l’effort.
4 recettes de boisson d’effort maison
Pour toutes les recettes : dissolvez le sucre, le miel et le sel dans un fond d’eau tiède, complétez avec de l’eau fraîche et secouez. Pesez les ingrédients avec une balance de cuisine au moins la première fois : une cuillère à soupe rase de sucre pèse 12 à 13 g, un quart de cuillère à café rase de sel fin environ 1,5 g.
| Recette (pour 1 litre) | Glucides | Sodium | Osmolalité estimée | Pour quel effort |
|---|---|---|---|---|
| 1. Base sucre et sel | 60 g | 590 mg | Environ 230 (légèrement hypotonique) | 1 h à 2 h 30, conditions normales |
| 2. Miel et citron | 53 g | 590 mg | Environ 290 (isotonique) | 1 h à 2 h 30 |
| 3. Jus coupé, spécial chaleur | 24 à 29 g | 600 mg | Environ 200 à 240 (hypotonique) | Chaleur, forte transpiration |
| 4. Sortie longue | 80 g | 780 mg | Environ 300 à 310 (isotonique) | Plus de 2 h, temps frais |
Glucides et sodium calculés à partir de la table Ciqual de l’Anses (1 g de sel apporte 391 mg de sodium). Osmolalités estimées par calcul à partir des sucres et du sel, sans mesure en laboratoire : ce sont des ordres de grandeur.
Recette 1 : la base sucre et sel
- 1 litre d’eau ;
- 60 g de sucre en poudre (environ 5 cuillères à soupe rases) ;
- 1,5 g de sel fin (un quart de cuillère à café rase) ;
- facultatif : le jus d’un demi-citron pour le goût.
Résultat : 60 g de glucides, environ 590 mg de sodium et 240 kcal par litre. C’est la recette polyvalente, à boire entre 1 h et 2 h 30 d’effort. Le sucre de table apporte glucose et fructose à parts égales, deux sucres absorbés par des transporteurs différents de l’intestin, ce qui facilite l’absorption quand les apports augmentent.
Recette 2 : miel et citron
- 1 litre d’eau ;
- 40 g de miel (2 cuillères à soupe) ;
- 20 g de sucre ;
- 1,5 g de sel ;
- le jus d’un citron.
Résultat : environ 53 g de glucides, 590 mg de sodium et 220 kcal par litre, pour une osmolalité proche de celle du sang. Le goût est plus rond que la recette 1. Ne remplacez pas tout le sucre par du miel à dose égale : au-delà d’environ 50 à 60 g de miel par litre, la boisson dépasse la concentration du sang.
Recette 3 : jus coupé, spécial chaleur
- 250 ml de pur jus d’orange ou de pomme ;
- 750 ml d’eau ;
- 1,5 g de sel.
Résultat : 24 g (orange) à 29 g (pomme) de glucides, environ 600 mg de sodium, un peu de potassium, et une boisson hypotonique. C’est celle qui hydrate le plus vite : idéale par forte chaleur, quand vous buvez beaucoup. À 1 litre par heure, elle apporte déjà 24 à 29 g de glucides. Pour une sortie plus longue, ajoutez une cuillère à soupe de sucre (environ 12 g) : la boisson reste sous le seuil isotonique.
Recette 4 : sortie longue ou temps frais
- 1 litre d’eau ;
- 80 g de sucre ;
- 2 g de sel (un tiers de cuillère à café rase) ;
- le jus d’un demi-citron ou quelques feuilles de menthe infusées puis refroidies.
Résultat : 80 g de glucides, environ 780 mg de sodium et 320 kcal par litre, en restant isotonique grâce au sucre de table. Elle convient aux efforts de plus de 2 heures et au temps frais, quand on boit peu : 750 ml par heure apportent 60 g de glucides. Au-delà de 2 h 30, complétez avec des aliments solides.
Combien en boire et comment l’utiliser ?
La plupart des sportifs boivent entre 400 et 800 ml par heure, selon leur transpiration, la chaleur et leur tolérance. Buvez par petites gorgées toutes les 15 à 20 minutes dès le début de l’effort, plutôt qu’un grand volume d’un coup. Le bon volume se règle avec une pesée avant et après l’effort, détaillée dans notre guide hydratation et sport.
La boisson n’a pas à couvrir seule vos besoins en glucides. Associez-la à des aliments simples : une banane, des dattes, une pâte de fruits, une compote en gourde ou un petit sandwich au miel. Les gels du commerce ne sont qu’un format parmi d’autres ; des aliments courants font le même travail.
Les erreurs à éviter avec une boisson d’effort maison
- Doser au goût. Un sirop ou du jus versés « à l’œil » donnent souvent une boisson hypertonique, source de ballonnements ou de diarrhée à l’effort. Pesez, au moins les premières fois.
- Boire du jus pur ou du soda. Plus de deux fois plus concentrés que le sang, ils se tolèrent mal pendant l’effort. Coupez un jus avec au moins trois volumes d’eau.
- Oublier le sel lors des efforts longs ou chauds. La sueur contient en moyenne environ 1 g de sodium par litre, avec de fortes variations individuelles. Le consensus sur l’entraînement à la chaleur recommande 0,5 à 0,7 g de sodium par litre de boisson au-delà d’une heure d’effort.
- Boire plus que ce que l’on transpire. Terminer une sortie plus lourd qu’au départ signale un excès de boisson, qui expose à l’hyponatrémie, une baisse dangereuse du sodium dans le sang, surtout lors des efforts de plus de 4 heures. Le sel ajouté ne protège pas si les volumes sont excessifs.
- Tester une nouvelle recette le jour de la course. Une boisson qui passe bien au repos peut mal passer à allure de compétition.
- En boire hors de l’effort. Au bureau ou pendant une séance de 30 minutes, c’est du sucre ajouté inutile. L’Anses recommande de ne pas dépasser 100 g de sucres par jour hors lactose pour un adulte.
- Négliger l’hygiène et les dents. Préparez la boisson le jour même, lavez la gourde après chaque usage, et rincez-vous la bouche à l’eau après l’effort : siroter longtemps une boisson sucrée et acide est agressif pour l’émail.
Boisson maison contre boisson du commerce
Preuves insuffisantes
Aucune étude ne compare directement une boisson maison bien dosée et une boisson du commerce de composition équivalente. Physiologiquement, ce qui compte, ce sont les quantités de glucides et de sodium et l’osmolalité, que les recettes ci-dessus reproduisent. Les produits du commerce apportent surtout un dosage standardisé et un format pratique ; rien ne montre qu’ils soient plus efficaces à composition égale.
Et après l’effort ? La boisson de récupération maison
Après une sortie longue, l’objectif change : réhydrater, recharger le glycogène et apporter des protéines pour la réparation musculaire. Le lait est une base intéressante : le consensus sur la chaleur note qu’une boisson contenant des protéines comme le lait pourrait restaurer l’équilibre hydrique mieux qu’une boisson d’effort classique.
Deux exemples de boisson mixée :
- Pour 60 kg : 250 ml de lait demi-écrémé, 100 g de fromage blanc, une banane et une cuillère à soupe de miel. Environ 56 g de glucides et 17 g de protéines.
- Pour 80 kg : 400 ml de lait demi-écrémé, 150 g de fromage blanc, une banane et une cuillère à soupe de miel. Environ 65 g de glucides et 26 g de protéines.
Un simple bol de lait chocolaté avec une tartine fait aussi très bien l’affaire. Pour le repas qui suit, voyez notre article que manger après le sport.
Le verdict du labo
Une boisson d’effort efficace tient en trois ingrédients et un peu de rigueur : 40 à 80 g de sucre et environ 1,5 à 2 g de sel par litre, pesés plutôt que versés au jugé. Réservez-la aux efforts de plus d’une heure ou aux fortes chaleurs, buvez-la par petites gorgées selon vos pertes réelles, et associez-la à des aliments simples dès que la sortie dépasse 2 heures. Choisissez la recette hypotonique quand il fait chaud, isotonique ou plus concentrée quand il fait frais.
Pour fixer vos besoins en glucides pendant l’effort, consultez notre guide glucides et sport ; pour préparer une course longue de bout en bout, notre article alimentation marathon.



